30.07.2008

La Môme épicée

Lila Downs, visuellement elle ressemble vaguement à l'immense Frida. Musicalement, c'est une véritable machine céleste, possédant une palette sonore remarquable. Elle peut ainsi aborder plusieurs registres musicaux, allant des corridas aux anciens airs mixtèques. C'est peut-être aussi la chanteuse mexicaine la plus douée de ces dernières années. Et dire que mon veinard de père l'a interviewée l'année dernière, j'aurais tout donné pour la voir en chair et en os... A vrai dire elle me fait pas mal fantasmer la petite oaxaqueña, mais pas comme vous pourriez le croire, je renvois l'image à un cadre artistique et culturel, hum. Sinon je conseil à tous son album "Tree of life", c'est celui que je préfère, une vraie pépite musicale!

16.07.2008

Lexique koukique V

Suite de mon inoxydable vocabulaire onirique:

*"Quelle prune!": Equivalent expressif de: "quelle chance", et plus joli que: "quelle moule" que je trouve foncièrement sexiste.

*"Etre une pastèque": Pour désigner un individu lambda qui est particulièrement maladroit, ou qui fait des gaffes à tour de bras.

*"Tromboner": Rien à voir avec l'accessoire, ni avec l'instrument, ce néologisme féerique renvoit aux verbes tels que: "tomber", "choir", "voltiger"... Ex: Et que la neige trombone en ce jour de Décembre!

*"Mauvaise herbe": Métaphore campagnarde pour qualifier une personne qui dégrade, qui souille la vie des autres. Un chieur social quoi, hum.

09.07.2008

Idolâtre de...

Sonex, un des groupes mexicains les plus intéressants du moment. Ils ont eu l'audace et de mélanger le courant folklorique du "son jarocho" avec d'autres influences musicales, ce qui donne un résultat assez surprenant. Je ai eu la chance de les voir en concert l'année dernière dans un petit bar bohème de Jalapa [dans l'Est du Mexique], et leur prestation m'a beaucoup marqué, c'était phénoménal. Ce que j'apprécie aussi chez eux c'est qu'ils n'ont pas hésité à garder le zapateado [les claquettes improvisées], au milieu de certains de leurs morceaux. D'ailleurs cela m'a influencé, désormais quand je compose je m'arrange pour faire des rythmiques qui puissent être zapateadas, hum. En tout cas je vous conseil violemment d'écouter ce groupe novateur; si vous parvenez à vous procurer leur album [je suis dégoûté, il n'est même pas sur Dezeer]... Oh rage, oh désespoir!

03.07.2008

Récidive Jodorowskienne

"Soulignons ici l'importance de l'imagination. D'une certaine manière, dans ce livre [La danse de la réalité], je me suis livré à une auto-biographie, pas au sens de "fictive", car tous les personnages, évènements et lieux sont vrais, mais du fait que l'histoire profonde de ma vie, est un effort constant pour dilater l'imagination et élargir ses limites, pour l'appréhender dans son potentiel thérapeutique et transformateur. A part l'imagination intellectuelle, existent: l'imagination corporelle, sexuelle, émotionnelle. L'imagination économique, mystique, poétique, scientifique. Elle agit dans tous les domaines de notre vie, même ceux que nous considérons "rationnels". Voilà pourquoi on ne peut aborder la réalité sans développer l'imagination sous des angles multiples. Normalement, nous visualisons tout selon les étroites limites de nos croyances conditionnées. De la réalité mystérieuse, tellement vaste et imprévisible, nous ne percevons rien de plus de ce qui filtre à travers de notre point de vue étriqué. L'imagination active est la clé d'une vision ample, elle permet d'envisager la vie à partir d'angles qui ne sont pas les nôtres, en imaginant d'autres niveaux de conscience supérieurs aux nôtres. Si j'étais une montagne, une planète, ou l'univers, que dirais-je? Que dirait un grand maître? Et si Dieu parlait par ma bouche quel serait son message? Et si j'étais la Mort? Cette mort que me révéla un chien en déposant à mes pieds une pierre blanche, laquelle m'a séparé de mon moi illusoire, m'a fait fuir le Chili et poussé à chercher désespérément un sens à la vie. Cette Mort qui d'épouvantable ennemie s'est convertie en mon aimable dame de compagnie."

Alexandro Jorodowski, La Danse de la réalité.

16.06.2008

Les morts dans les rêves

Voici un petit extrait du bouquin de Jorodowsky [La danse de la réalité] que j'estime fort intéressant et enthousiasmant: "Dans la dimension des morts, ceux-ci vivent grâce à l'énergie de la mémoire. Ceux que nous oublions errent, tristes silhouettes estompées, presque transparentes, dans des espaces de plus en plus lointains. Ceux dont nous nous souvenons surgissent clairement près de nous, ils parlent, il y a en eux une joie reconnaissante. Mais dans l'obscurité gisent des silhouettes d'ancêtres qui vécurent il y a plusieurs siècles. Ce n'est parce que nous ne les avons pas connus qu'ils cessent d'être là. Il suffit d'avancer vers l'endroit où ils se trouvent, pour qu'ils se dessinent avec plus de netteté, et nous parlent dans leur langue, que nous ignorons peut-être, toujours avec une grande tendresse. Ceux qui n'ont pas vécu cette expérience ont sans doute remarqué qu'il est important pour nos familiers et nos amis que nous leur démontrions que nous ne les oublions pas, en leur souhaitant leurs anniversaires, en leur envoyant des cartes postales lorsque nous partons en voyage, en les appelant au téléphone, etc. Nous savons que nous vivons dans la mesure où les autres se souviennent de nous. S'ils nous oublient nous nous sentons mourir. Cela se passe de la même façon dans le monde onirique. Si l'inconscient est collectif et le temps éternel, on pourrait dire que chaque être qui est né ou mort, est resté gravé dans cette mémoire cosmique que tout individu porte en lui. J'irais jusqu'à avancer que chaque mort attend dans la dimension onirique qu'enfin une conscience infinie se souvienne de lui. A la fin des temps, quand notre esprit aura atteint son développement maximum et contiendra la totalité du Temps, pas un seul être, si insignifiant puisse-t'il paraître, ne sera oublié..."

13.06.2008

Deuxième "moi"

Je suis dans une pièce à la déco vaguement baroque. Le carrelage est constitué d'un assortiment de plaques argileuses aux couleurs sombres. J'entrevois dans un coin un vase Ming en équilibre sur un support en marbre, et à ses côtés, un vieux perroquet -prisonnier dans une cage rouillée- et qui a manifestement déféqué sur le papier journal qui tapisse son univers clos. Je commence à marcher lentement, pour me diriger vers la sortie dont la porte massive en bois est grandement ouverte. Une fois étant dans le couloir de l'immeuble j'aperçois des escaliers. Je commence à dévaler les marches, presque en courant, j'ai hâte de sortir dans la rue. Mais la descente s'éternise, j'ai l'impression que les escaliers -qui s'enroulent en décrivant une forme de spirale- se prolongent jusqu'à l'infini. "J'aurais dû prendre le putain d'ascenseur", pense-je. Soudain, je ressens une légère baisse de la température. Le changement thermique me file un petit frisson. Je regarde autour de moi, il n'y a pas de fenêtres, ni de conduits d'aération, aucune ouverture. "Etrange" me dis-je. Intuitivement je sens que quelque chose va se produire. Mais j'ai aucune idée sur la nature de l'évènement. Et c'est alors qu'apparaît un amas de brume foncièrement noire à une dizaine de marches au-dessus de moi. Je panique, même si je sais que je suis entrain de rêver. Du coup, je commence à courir en sautant des marches pour descendre plus vite, mais l'étrange brume me rattrape, elle se déplace aussi rapidement que moi. Je saisis alors tout mon courage intérieur afin de pouvoir affronter la chose, mais quand je me retourne pour lui faire face, je me retrouve devant un autre "moi", enfin c'était une sorte de clone parfait, comme si je me regardais dans un miroir, sauf qu'il n'était pas habillé tel que moi. Il portait une veste en coton marron pour femme [j'avoue qu'il m'est arrivé d'acheter des fringues pour femme, c'est une question délicate de morphologie, hum] un chapeau en feutre avec une plume rouge, une jupe verte népalaise -dont j'ai oublié le putain de nom- et des chaussures en cuir qui ressemblaient à de bottes. C'était vraiment un autre "moi", d'un point de vue esthétique en tout cas. Ce dernier me dévisageait avec un malice pénétrante. J'étais stupéfait, et je ne savais absolument pas comment réagir. Il m'a alors dit en espagnol: "Je suis une partie de ton Dieu intérieur, si tu veux savoir qui tu es, traverse l'abîme". Il a ensuite montré du doigt une porte qui se trouvait quelques marches en dessous de moi, on aurait dit qu'il s'agissait d'une porte banale débouchant sur le rez-de-chaussé de n'importe quel immeuble. Puis mon clone a crié: "Zebra!", et les portes ont étés brutalement déchiquetées par un courant puissant, laissant place à une sorte d'ouverture para-normale qui aspirait tout à l'image d'un trou noir. Mon corps a donc été violemment projeté dans ce "vide sidéral", et puis... amnésie, hélas. Je ne me rappel absolument pas de la suite. Mais il a dû forcément se passer quelque chose...

06.06.2008

Jorodowsky, poète chilien

"Quel est la définition d'un acte poétique? Il doit être beau, imprégné d'une qualité onirique, faire abstraction de toute justification, créer une autre réalité au coeur même de la réalité ordinaire. Il permet de transcender un autre plan, ouvre la porte d'une autre dimension, atteint une valeur purificatrice [...] L'acte poétique, gratuit, devrait permettre de manifester avec beauté et bonté les énergies créatrices normalement réprimées ou latentes en nous. Il s'oppose à l'acte irrationnel, qui est une porte ouverte au vandalisme et à la violence."

Extrait de La danse de la réalité, d'Alexandro Jorodowsky [livre que je conseil à tous, et si vous avez un peu plus de curiosité je vous invite à zieuter l'antique bande annonce de l'un de ses chefs d'oeuvres cinématographiques: "La montagne sacrée", âmes bornées s'abstenir].

31.05.2008

El derecho de vivir en paz

Voici un des troubadours engagés que j'admire le plus, Vicotor Jara. C'était une grande figure de la résistance chilienne. Il fut tué après le coup d'État de Pinochet en 1973 [quand il renversa le président socialiste Allende grâce à l'aide de l'armée fasciste et de la CIA]. On raconte qu'avant d'être fusillé, des soldats sans scrupules lui auraient tranché "symboliquement" quelques doigts, puis ils lui demandèrent ironiquement de chanter un air, alors Jara  commença à fredonner un hymne de résistance populaire [face aux autres prisonniers raflés]... les soldats devinrent furieux et le criblèrent de balles.

On t'oublira pas, l'ami.

27.05.2008

Retour du spectre [explorador?]

Cette saloperie de spectre énergétique ce cache derrière de gens qui me sont proches. Il prend leur forme, épouse leurs corps, leurs voix. Je ne remarque se présence qu'à la dernière minute, juste quand il reprend son apparence "normale". J'en suis presque convaincu; hier soir, dans un autre songe très réaliste sensoriellement [et cela me semble être un facteur plutôt important, qui annonce en quelque sorte son éventuelle arrivée], il est réapparu sinistrement, alors qu'il se cachait dans l'enveloppe charnelle de ma soeur. Je rêvais qu'on prenait des photos ensemble dans les ruelles étroites du vieux Lyon, et soudain, un clochard poisseux [sorti de nulle part] débarque et s'agrippe vicieusement à ma veste en cuir, en me dégoisant des trucs inintelligibles; j'ai remarqué aussi qu'il avait quelques dents en or et que son haleine était particulièrement nauséabonde [comme s'il avait croqué dans un étron desséché]. Machinalement, je lui ai donné l'appareil photo pour qu'il me foute la paix, et puis il s'est évanoui dans la pénombre d'une ruelle. J'ai commencé à transpirer dans le rêve, ce vieux hystérique m'avait foncièrement tendu. Puis je me suis retourné pour dire un truc un à ma soeur, et là, il y avait le putain de spectre gazeux.  Ce dernier a essayé de me capturer avec son impétueux courant énergétique, mais je me suis réveillé violemment juste avant que cela arrive. Et cette fois, j'avais très mal au bas du dos, comme si on m'avait donné un coup de genou dans cette partie du corps. D'ailleurs, actuellement quand j'écris, je ressens encore un peu cette désagréable sensation.

En résumé: Le spectre, contrairement aux premières expériences oniriques de Castaneda, surgit d'une personne [qui m'est familière, jusqu'à présent]. Cela se produit lorsque le songe semble avoir un caractère assez réaliste [au niveau des sensations en tout cas]. Et puis enfin j'ai l'impression qu'il m'inflige des dégâts physiques, sinon comment expliquer ces douleurs?

Tactique: Pour l'instant, fuir brutalement, ou me réveiller à tout prix. Je ne sais absolument pas ce qui pourrait se passer si je me laisse manger par le spectre... Quoique, à vrai dire, j'ai peut-être une vague idée [théorique], celle que j'ai trouvée dans le bouquin de Castaneda, bien entendu. Mais le truc c'est que je ne suis pas spécialement prêt pour effectuer ce voyage énergétique... si c'est vraiment cela de quoi il est question. Il faut aussi que j'aille quelques jours dans les bois, histoire de ressourcer mon capital énergétique [n'essayez pas de comprendre, hum...].

Avertissement: Sincèrement, je n'ai abosolument rien raconté à mes parents, cela risquerait d'accentuer les vives tensions qui règnent en ce moment à la maison. Gardez donc tout cela pour vous mêmes [je le dis à ceux qui me connaissent dans "la vraie vie"].

24.05.2008

Au-delà

Je discutais mollement avec M, elle était allongée de l'autre côté du lit. Chaque fois qu'elle parlait, elle regardait ses mains et jouait avec les plis chaotiques de la couette. Je la trouvais drôle ainsi, et malgré la profondeur méticuleuse de ses réflexions, je ne pouvais m'empêcher de la comparer inconsciement avec un personnage fantasque de manga japonais. Au bout de quelques échanges elle s'est levée en bondissant comme une agile sauterelle, puis elle s'est dirigée vers la grande fenêtre du living. Elle semblait être étrangement absorbée par la contemplation de quelque chose au loin, dans l'azur. On aurait dit qu'il s'agissait d'une immense libellule qui vagabondait lentement entre les sombres nuages de minuit. Je me suis levé à mon tour pour me rapprocher de la fenêtre. M était toujours figée, ses yeux ne clignaient même pas, et sa respiration semblait éteinte. J'ai eu un terrible frisson, on aurait vraiment dit qu'elle s'était transformée en une statue de chair. Je lui ai demandée si elle sentait bien, mais elle n'a point répondu. J'ai alors touché son épaule afin de susciter une quelconque réaction de sa part, mais rien ne s'est produit. J'ai pensé pendant quelques instants qu'elle me jouait une sale blague. Alors j'ai feins que j'allais l'embrasser, j'étais presque sûre qu'elle réagirait, mais quand je m'apprêtais à poser mes lèvres sur les siennes, j'ai entendu un cri monstrueux provenant de la cuisine, suivit par un fracas métallique, comme si on avait laissé choir une marmite en acier sur le carrelage. Je me suis précipité pour voir ce qui était arrivé, mais il n'y avait personne dans la cuisine, et tout semblait normal. Soudain j'ai senti quelque chose de mou sous mes pantoufles, j'avais l'impression d'avoir marché sur un vieux bonbon tout gluant. En ôtant mon pied j'ai vu un petite tâche pourpre sur le carrelage. J'ai alors enlevé ma pentoufle gauche pour l'examiner. La semelle était toute souillée, et il y avait comme un minuscule débris organique collé à elle. Je l'ai détaché, et quand je l'ai bien vu de près je l'ai violemment jeté parterre. C'étaient les restes d'un oeil. Je me suis extirpé de la cuisine aussi vite que j'ai pu. Je dégoulinais de trouille intérieurement, et j'avais aussi une vague envie de dégueuler. En arrivant au living M. n'était plus là, et la vitre de la fenêtre était cassée. J'ai eu immédiatement la foudroyante certitude que la pauvre s'était défenestrée. J'ai donc fait la même la chose, instinctivement, poussé un par un élan mystérieux. En tombant du haut de l'immeuble dans les airs lugubres j'ai ardemment tenté de déployer mes ailes, celles qui me permettent de voler dans la plupart de mes de songes [est-ce dû à l'influence d'Escaflown?]. Mais cela n'a absolument pas marché, et voyais le trottoir d'en bas se rapprocher de plus en plus de ma pauvre future carcasse défragmentée. Et soudain, juste avant de toucher l'asphalte, une sorte de vortex brumeux s'est ouvert in extremis et m'a aspiré férocement, pour ensuite me faire tournoyer dans l'intestin d'un mystérieux tunnel vaporeux. Après, j'ai eu l'impression d'avoir perdu connaissance... En ouvrant lentement les yeux, j'ai constaté avec stupéfaction que j'étais étendu sur un petit sentier boueux qui zigzagait dans une forêt à la flore démesurée. Il y avait partout comme des eucalyptus géants, dont les sommets infinis s'engouffraient dans un ciel crépusculaire aux tonalités purpurines. Il y avait aussi d'autres sortes d'arbres inédits et hymalayesques dont les multiples branches vomissaient d'épaisses lianes fibreuses couleur marron. C'était un spectacle dépaysant. Quand je respirais je pouvais aussi percevoir la richesse olfactive des lieux; l'air contenait une panoplie d'odeurs boisées, sauvagement brutes et pures comme le cristal d'un diamant parfait. Je pouvais aussi sentir l'haleine puissante de la terre, c'était une odeur d'argile unique qui apaisait mes poumons fébriles. Le plus incroyable, c'était que j'avais totalement oublié que j'étais dans un rêve, du fait que toutes ses informations sensorielles [sans parler -aussi- de l'opulence des bruits...] me faisaient percevoir cet endroit comme s'il était vraiment réel. Après cette première impression, j'ai commencé à arpenter le petit sentier dégagé. Au bout des quelques mouvements j'ai aperçu M, elle était accoudée au tronc d'un arbre monstre; elle regardait vers le haut, comme si elle épiait les portions d'azur purpurin qui filtraient à travers le feuillage des arbres de la forêt. Soudain, une lumière aveuglante a surgit d'un nuage. Elle s'approchait rapidement de nous. J'ai remarqué progressivement qu'il s'agissait d'une sorte d'insecte géant, qui émettait une vive lumière ocre, telle une luciole mais avec un long corps organique à l'image de celui des libellules. J'ai commencé à paniquer, la bestiole avait l'air hostile à notre présence. Elle a même cassé plusieurs branches, les faisant choir scabreusement très près de nous. J'ai donc pris M. par la main, et je l'ai obligée à fuir à mes côtés. Nous avons couru pendant un bon moment. J'entendais au loin, vers l'endroit où nous nous trouvions auparavant, des cris tonitruants, et aigus comme ceux d'une fêmme atterrée, mais je savais qu'ils n'étaient "pas humains". Au bout, de quelques instants, on s'est arrêtés, je me sentais étrangement épuisé,  et M. refusait de bouger. Je lui ai demandé si elle savait où nous nous trouvions, elle n'a rien dit. Je me suis alors rappelé, d'un coup, que j'étais tombé dans un vortex brumeux -suite à mon saut à travers de la fenêtre de l'immeuble- et qu'il m'avait projeté dans cette étrange forêt digne d'un ouvrage de science fiction. Cela m'a immédiatement rassuré quelque peu, car je savais que je rêvais. Mais ma quiétude n'a point durée, car j'ai entendu un autre cri terrifiant juste à quelques mètres de nous, il semblait provenir d'un petit buisson épineux qui était situé à ma gauche. J'ai donc essayé de courir instinctivement en tirant M. par l'épaule, mais je n'ai pas réussi à la faire bouger d'un poil. Quand je me suis retourné pour lui dire qu'il fallait courir pour sauver notre peau, j'ai failli avoir un arrêt cardiaque, ce n'était plus M, mais un forme gazeuse opaque [comme un spectre] qui a commencé à m'aspirer avec une telle violence que je me suis réveillé en criant...

Il était 2h, j'avais donc dormi presque pendant 12 heures. J'ai essayé de me lever mais je ne pouvais pas, je ressentais douleur aigue dans la poitrine, et chaque fois que je tentais de faire un geste, une souffle glacé venait torturer mon coeur [je pense, ou une région proche du coeur]. Je suis resté allongé une bonne dizaines de minutes avant de pouvoir me déplacer normalement. J'avais peur, vraiment très peur. Et si c'était "un explorateur" d'un autre monde qui avait planifié de m'attaquer? Devrais-je arrêter d'essayer de suivre à ma façon les traces de Castaneda? Etait-ce tout simplement un cauchemar ordinaire, ou ai-je vraiment voyagé avec mon corps énergétique dans une autre couche de l'univers?

On véra bien... ou pas.

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