16.06.2008
Les morts dans les rêves
Voici un petit extrait du bouquin de Jorodowsky [La danse de la réalité] que j'estime fort intéressant et enthousiasmant: "Dans la dimension des morts, ceux-ci vivent grâce à l'énergie de la mémoire. Ceux que nous oublions errent, tristes silhouettes estompées, presque transparentes, dans des espaces de plus en plus lointains. Ceux dont nous nous souvenons surgissent clairement près de nous, ils parlent, il y a en eux une joie reconnaissante. Mais dans l'obscurité gisent des silhouettes d'ancêtres qui vécurent il y a plusieurs siècles. Ce n'est parce que nous ne les avons pas connus qu'ils cessent d'être là. Il suffit d'avancer vers l'endroit où ils se trouvent, pour qu'ils se dessinent avec plus de netteté, et nous parlent dans leur langue, que nous ignorons peut-être, toujours avec une grande tendresse. Ceux qui n'ont pas vécu cette expérience ont sans doute remarqué qu'il est important pour nos familiers et nos amis que nous leur démontrions que nous ne les oublions pas, en leur souhaitant leurs anniversaires, en leur envoyant des cartes postales lorsque nous partons en voyage, en les appelant au téléphone, etc. Nous savons que nous vivons dans la mesure où les autres se souviennent de nous. S'ils nous oublient nous nous sentons mourir. Cela se passe de la même façon dans le monde onirique. Si l'inconscient est collectif et le temps éternel, on pourrait dire que chaque être qui est né ou mort, est resté gravé dans cette mémoire cosmique que tout individu porte en lui. J'irais jusqu'à avancer que chaque mort attend dans la dimension onirique qu'enfin une conscience infinie se souvienne de lui. A la fin des temps, quand notre esprit aura atteint son développement maximum et contiendra la totalité du Temps, pas un seul être, si insignifiant puisse-t'il paraître, ne sera oublié..."
20:16 Publié dans What da fuck? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : jorodowsky, rêves, onirique, théorie, inconscient
27.05.2008
Retour du spectre [explorador?]
Cette saloperie de spectre énergétique ce cache derrière de gens qui me sont proches. Il prend leur forme, épouse leurs corps, leurs voix. Je ne remarque se présence qu'à la dernière minute, juste quand il reprend son apparence "normale". J'en suis presque convaincu; hier soir, dans un autre songe très réaliste sensoriellement [et cela me semble être un facteur plutôt important, qui annonce en quelque sorte son éventuelle arrivée], il est réapparu sinistrement, alors qu'il se cachait dans l'enveloppe charnelle de ma soeur. Je rêvais qu'on prenait des photos ensemble dans les ruelles étroites du vieux Lyon, et soudain, un clochard poisseux [sorti de nulle part] débarque et s'agrippe vicieusement à ma veste en cuir, en me dégoisant des trucs inintelligibles; j'ai remarqué aussi qu'il avait quelques dents en or et que son haleine était particulièrement nauséabonde [comme s'il avait croqué dans un étron desséché]. Machinalement, je lui ai donné l'appareil photo pour qu'il me foute la paix, et puis il s'est évanoui dans la pénombre d'une ruelle. J'ai commencé à transpirer dans le rêve, ce vieux hystérique m'avait foncièrement tendu. Puis je me suis retourné pour dire un truc un à ma soeur, et là, il y avait le putain de spectre gazeux. Ce dernier a essayé de me capturer avec son impétueux courant énergétique, mais je me suis réveillé violemment juste avant que cela arrive. Et cette fois, j'avais très mal au bas du dos, comme si on m'avait donné un coup de genou dans cette partie du corps. D'ailleurs, actuellement quand j'écris, je ressens encore un peu cette désagréable sensation.
En résumé: Le spectre, contrairement aux premières expériences oniriques de Castaneda, surgit d'une personne [qui m'est familière, jusqu'à présent]. Cela se produit lorsque le songe semble avoir un caractère assez réaliste [au niveau des sensations en tout cas]. Et puis enfin j'ai l'impression qu'il m'inflige des dégâts physiques, sinon comment expliquer ces douleurs?
Tactique: Pour l'instant, fuir brutalement, ou me réveiller à tout prix. Je ne sais absolument pas ce qui pourrait se passer si je me laisse manger par le spectre... Quoique, à vrai dire, j'ai peut-être une vague idée [théorique], celle que j'ai trouvée dans le bouquin de Castaneda, bien entendu. Mais le truc c'est que je ne suis pas spécialement prêt pour effectuer ce voyage énergétique... si c'est vraiment cela de quoi il est question. Il faut aussi que j'aille quelques jours dans les bois, histoire de ressourcer mon capital énergétique [n'essayez pas de comprendre, hum...].
Avertissement: Sincèrement, je n'ai abosolument rien raconté à mes parents, cela risquerait d'accentuer les vives tensions qui règnent en ce moment à la maison. Gardez donc tout cela pour vous mêmes [je le dis à ceux qui me connaissent dans "la vraie vie"].
23:55 Publié dans What da fuck? | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : ensoñar, arte, spectre, chamanisme, rêves
24.05.2008
Au-delà
Je discutais mollement avec M, elle était allongée de l'autre côté du lit. Chaque fois qu'elle parlait, elle regardait ses mains et jouait avec les plis chaotiques de la couette. Je la trouvais drôle ainsi, et malgré la profondeur méticuleuse de ses réflexions, je ne pouvais m'empêcher de la comparer inconsciement avec un personnage fantasque de manga japonais. Au bout de quelques échanges elle s'est levée en bondissant comme une agile sauterelle, puis elle s'est dirigée vers la grande fenêtre du living. Elle semblait être étrangement absorbée par la contemplation de quelque chose au loin, dans l'azur. On aurait dit qu'il s'agissait d'une immense libellule qui vagabondait lentement entre les sombres nuages de minuit. Je me suis levé à mon tour pour me rapprocher de la fenêtre. M était toujours figée, ses yeux ne clignaient même pas, et sa respiration semblait éteinte. J'ai eu un terrible frisson, on aurait vraiment dit qu'elle s'était transformée en une statue de chair. Je lui ai demandée si elle sentait bien, mais elle n'a point répondu. J'ai alors touché son épaule afin de susciter une quelconque réaction de sa part, mais rien ne s'est produit. J'ai pensé pendant quelques instants qu'elle me jouait une sale blague. Alors j'ai feins que j'allais l'embrasser, j'étais presque sûre qu'elle réagirait, mais quand je m'apprêtais à poser mes lèvres sur les siennes, j'ai entendu un cri monstrueux provenant de la cuisine, suivit par un fracas métallique, comme si on avait laissé choir une marmite en acier sur le carrelage. Je me suis précipité pour voir ce qui était arrivé, mais il n'y avait personne dans la cuisine, et tout semblait normal. Soudain j'ai senti quelque chose de mou sous mes pantoufles, j'avais l'impression d'avoir marché sur un vieux bonbon tout gluant. En ôtant mon pied j'ai vu un petite tâche pourpre sur le carrelage. J'ai alors enlevé ma pentoufle gauche pour l'examiner. La semelle était toute souillée, et il y avait comme un minuscule débris organique collé à elle. Je l'ai détaché, et quand je l'ai bien vu de près je l'ai violemment jeté parterre. C'étaient les restes d'un oeil. Je me suis extirpé de la cuisine aussi vite que j'ai pu. Je dégoulinais de trouille intérieurement, et j'avais aussi une vague envie de dégueuler. En arrivant au living M. n'était plus là, et la vitre de la fenêtre était cassée. J'ai eu immédiatement la foudroyante certitude que la pauvre s'était défenestrée. J'ai donc fait la même la chose, instinctivement, poussé un par un élan mystérieux. En tombant du haut de l'immeuble dans les airs lugubres j'ai ardemment tenté de déployer mes ailes, celles qui me permettent de voler dans la plupart de mes de songes [est-ce dû à l'influence d'Escaflown?]. Mais cela n'a absolument pas marché, et voyais le trottoir d'en bas se rapprocher de plus en plus de ma pauvre future carcasse défragmentée. Et soudain, juste avant de toucher l'asphalte, une sorte de vortex brumeux s'est ouvert in extremis et m'a aspiré férocement, pour ensuite me faire tournoyer dans l'intestin d'un mystérieux tunnel vaporeux. Après, j'ai eu l'impression d'avoir perdu connaissance... En ouvrant lentement les yeux, j'ai constaté avec stupéfaction que j'étais étendu sur un petit sentier boueux qui zigzagait dans une forêt à la flore démesurée. Il y avait partout comme des eucalyptus géants, dont les sommets infinis s'engouffraient dans un ciel crépusculaire aux tonalités purpurines. Il y avait aussi d'autres sortes d'arbres inédits et hymalayesques dont les multiples branches vomissaient d'épaisses lianes fibreuses couleur marron. C'était un spectacle dépaysant. Quand je respirais je pouvais aussi percevoir la richesse olfactive des lieux; l'air contenait une panoplie d'odeurs boisées, sauvagement brutes et pures comme le cristal d'un diamant parfait. Je pouvais aussi sentir l'haleine puissante de la terre, c'était une odeur d'argile unique qui apaisait mes poumons fébriles. Le plus incroyable, c'était que j'avais totalement oublié que j'étais dans un rêve, du fait que toutes ses informations sensorielles [sans parler -aussi- de l'opulence des bruits...] me faisaient percevoir cet endroit comme s'il était vraiment réel. Après cette première impression, j'ai commencé à arpenter le petit sentier dégagé. Au bout des quelques mouvements j'ai aperçu M, elle était accoudée au tronc d'un arbre monstre; elle regardait vers le haut, comme si elle épiait les portions d'azur purpurin qui filtraient à travers le feuillage des arbres de la forêt. Soudain, une lumière aveuglante a surgit d'un nuage. Elle s'approchait rapidement de nous. J'ai remarqué progressivement qu'il s'agissait d'une sorte d'insecte géant, qui émettait une vive lumière ocre, telle une luciole mais avec un long corps organique à l'image de celui des libellules. J'ai commencé à paniquer, la bestiole avait l'air hostile à notre présence. Elle a même cassé plusieurs branches, les faisant choir scabreusement très près de nous. J'ai donc pris M. par la main, et je l'ai obligée à fuir à mes côtés. Nous avons couru pendant un bon moment. J'entendais au loin, vers l'endroit où nous nous trouvions auparavant, des cris tonitruants, et aigus comme ceux d'une fêmme atterrée, mais je savais qu'ils n'étaient "pas humains". Au bout, de quelques instants, on s'est arrêtés, je me sentais étrangement épuisé, et M. refusait de bouger. Je lui ai demandé si elle savait où nous nous trouvions, elle n'a rien dit. Je me suis alors rappelé, d'un coup, que j'étais tombé dans un vortex brumeux -suite à mon saut à travers de la fenêtre de l'immeuble- et qu'il m'avait projeté dans cette étrange forêt digne d'un ouvrage de science fiction. Cela m'a immédiatement rassuré quelque peu, car je savais que je rêvais. Mais ma quiétude n'a point durée, car j'ai entendu un autre cri terrifiant juste à quelques mètres de nous, il semblait provenir d'un petit buisson épineux qui était situé à ma gauche. J'ai donc essayé de courir instinctivement en tirant M. par l'épaule, mais je n'ai pas réussi à la faire bouger d'un poil. Quand je me suis retourné pour lui dire qu'il fallait courir pour sauver notre peau, j'ai failli avoir un arrêt cardiaque, ce n'était plus M, mais un forme gazeuse opaque [comme un spectre] qui a commencé à m'aspirer avec une telle violence que je me suis réveillé en criant...
Il était 2h, j'avais donc dormi presque pendant 12 heures. J'ai essayé de me lever mais je ne pouvais pas, je ressentais douleur aigue dans la poitrine, et chaque fois que je tentais de faire un geste, une souffle glacé venait torturer mon coeur [je pense, ou une région proche du coeur]. Je suis resté allongé une bonne dizaines de minutes avant de pouvoir me déplacer normalement. J'avais peur, vraiment très peur. Et si c'était "un explorateur" d'un autre monde qui avait planifié de m'attaquer? Devrais-je arrêter d'essayer de suivre à ma façon les traces de Castaneda? Etait-ce tout simplement un cauchemar ordinaire, ou ai-je vraiment voyagé avec mon corps énergétique dans une autre couche de l'univers?
On véra bien... ou pas.
20:17 Publié dans What da fuck? | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : chamanisme, rêves, explorador, ensoñar
14.05.2008
Faille
Suis-je fou? Explications: J'ai l'impression qu'un évènement temporel de l'ordre de la science fiction a eu lieu ce lundi. Pour être précis, je crois nous avons vécu deux fois la même journée. Sauf qu'à part mon horloge biologique, personne ne s'en est aperçu. J'ai demandé maintes fois à mes proches, et ils m'ont dit maintes fois que "je déraille", et malgré cela je m'accroche vaguement aux dividendes de ma perception [qui me dit que je n'ai pas tout à fait tort], hum. Et si cela était plausible bordel? Vous pourriez riposter en disant qu'il y a eu la journée fériée du 12 Mai [la côte de Pan, hum] et que donc, comme elle s'est déroulée juste après le dimanche, j'ai peut-être eu cette vague sensation déstabilisante de double-immobilité-dominicale dans un bled périphérique, où à part les éternelles ruminations chew-gumesques des bovidés, rien de chez rien ne se passe. Mais, justement, cette double stagnation béate de la société rurale où je vis, je l'ai bien prise en compte. Il y a donc eu, selon mes intra-spéculations , hum, une troisième journée fantôme. Mais comment l'expliquer? Mon imagination délurée pourrait éventuellement fournir une hypothèse... et si j'avais été frappé de plein fouet par une énorme "faille dimensionnelle" à force de flirter avec des vielles conceptions chamaniques? Et si je m'étais bel et bien glissé dans "un autre lundi"; celui d'une autre dimension spatio-temporelle superposée à notre univers, et qui lui ressemble étrangement? Et si grâce à mes récentes explorations oniriques j'avais déclenché -accidentellement- ce phénomène? Et si j'étais tout simplement à côté de mes putains de sandales?
Je n'en sais rien. Mais je ne m'arrêterai plus aux bornes du rationnel...
22:43 Publié dans Réel rouillé | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : pan, côte, chamanisme, rêves, dimension
23.03.2008
"Je" est un songeur
Et si on rêvait tout le temps?
C'est dans le livre de Don Miguel Ruiz: Les quatre accords Toltèques[merci à Lisa Luna, au passage], que j'ai trouvé un profond écho à mes pensées, à mes théories [celles que j'ai l'habitude d'élaborer lorsque je ne trouve guère mon sommeil]. Don Miguel, qui s'est penché sérieusement sur les connaissances et l'héritage chamanique du peuple Toltèque [ancienne civilisation pré-hispanique du Mexique], nous dit: *Rêver est la fonction principale de notre esprit qui fait cela 24 heures par jour. Il rêve lorsque le cerveau est éveillé et également lorsque ce dernier dort. La différence c'est que, durant l'état de veille, le cadre de référence matériel nous fait percevoir les choses de façon linéaire. Lorsque nous nous endormons, nous n'avons plus ce cadre de référence, aussi le rêve a-t-il tendance à changer constamment*. Je trouve cela très sensé. Je crois qu'il y'a en effet un certain "fil" ou un "bourdonnement" onirique qui s'active en permanence quelque part dans un petit recoin de notre esprit. Mais il est difficile de s'en rendre compte, du fait que la saturation d'informations sensorielles que l'on perçoit à chaque instant, vient camoufler ce phénomène. Cependant, je suis persuadé qu'on peut le contrôler, et cela tout simplement grâce à notre pouvoir "d'imagination maîtrisable". Par exemple quand nous fantasmons, quand nous imaginons lucidement une situation, et que nous faisons merveilleusement abstraction du monde réel qui nous entoure... On arrive même parfois à ressentir certaines sensations [à l'instar des vertiges: "Oh je suis au sommet d'une échelle!"] aussi intensément que dans nos songes [comme par hasard, hum]. A l'inverse, quand nous roupillons, comme nous ne sommes plus "conscients", les évènements imaginaires [multi-songes] se déroulent de façon chaotique, non linéaire [à moins d'être dans le cadre d'un rêve lucide, mais là c'est plus complexe]. Je crois aussi que notre "inconscient" est tout simplement [sourire de hyène] ce fil onirique inconstant qui tisse des évènements, des brouillards, des sensations imaginaires à chaque seconde de notre existence [que l'on soit réveillés ou endormis]... Par ailleurs, je crois qu'on peut tout de même l'effacer [partiellement], grâce à des techniques de méditation [en nous focalisant par exemple uniquement sur notre respiration], si, si, mais il faut avoir une solide expérience et un peu de patience.
Donc, pour résumer la chose, l'ensemble de nos "rêves parasites" permanents constituent notre "inconscient", à l'exception des rêves contrôlés lucidement [ce sont par exemple les fantasmes volontaires, les monologues mentaux, les pensées logiques...]. Mais il demeure toujours un grand mystère, c'est celui de savoir quels sont les facteurs qui sont à l'origine de la composition et de la succession aléatoire de ces "blocs imaginaires" lorsque notre conscience est éteinte, ou trop occupée par la saturation d'informations sensorielles immédiates... bref, qui est donc ce foutu metteur en scène surréaliste qui organise nos rêves non domestiqués?
[Tout ceci peut être creusé d'avantage, ou remis en question, oeuf corse].
18:17 Publié dans Réel rouillé | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : kouka, poésie, onirisme, rêves, surréalismes, science, culture










