13.06.2008
Deuxième "moi"
Je suis dans une pièce à la déco vaguement baroque. Le carrelage est constitué d'un assortiment de plaques argileuses aux couleurs sombres. J'entrevois dans un coin un vase Ming en équilibre sur un support en marbre, et à ses côtés, un vieux perroquet -prisonnier dans une cage rouillée- et qui a manifestement déféqué sur le papier journal qui tapisse son univers clos. Je commence à marcher lentement, pour me diriger vers la sortie dont la porte massive en bois est grandement ouverte. Une fois étant dans le couloir de l'immeuble j'aperçois des escaliers. Je commence à dévaler les marches, presque en courant, j'ai hâte de sortir dans la rue. Mais la descente s'éternise, j'ai l'impression que les escaliers -qui s'enroulent en décrivant une forme de spirale- se prolongent jusqu'à l'infini. "J'aurais dû prendre le putain d'ascenseur", pense-je. Soudain, je ressens une légère baisse de la température. Le changement thermique me file un petit frisson. Je regarde autour de moi, il n'y a pas de fenêtres, ni de conduits d'aération, aucune ouverture. "Etrange" me dis-je. Intuitivement je sens que quelque chose va se produire. Mais j'ai aucune idée sur la nature de l'évènement. Et c'est alors qu'apparaît un amas de brume foncièrement noire à une dizaine de marches au-dessus de moi. Je panique, même si je sais que je suis entrain de rêver. Du coup, je commence à courir en sautant des marches pour descendre plus vite, mais l'étrange brume me rattrape, elle se déplace aussi rapidement que moi. Je saisis alors tout mon courage intérieur afin de pouvoir affronter la chose, mais quand je me retourne pour lui faire face, je me retrouve devant un autre "moi", enfin c'était une sorte de clone parfait, comme si je me regardais dans un miroir, sauf qu'il n'était pas habillé tel que moi. Il portait une veste en coton marron pour femme [j'avoue qu'il m'est arrivé d'acheter des fringues pour femme, c'est une question délicate de morphologie, hum] un chapeau en feutre avec une plume rouge, une jupe verte népalaise -dont j'ai oublié le putain de nom- et des chaussures en cuir qui ressemblaient à de bottes. C'était vraiment un autre "moi", d'un point de vue esthétique en tout cas. Ce dernier me dévisageait avec un malice pénétrante. J'étais stupéfait, et je ne savais absolument pas comment réagir. Il m'a alors dit en espagnol: "Je suis une partie de ton Dieu intérieur, si tu veux savoir qui tu es, traverse l'abîme". Il a ensuite montré du doigt une porte qui se trouvait quelques marches en dessous de moi, on aurait dit qu'il s'agissait d'une porte banale débouchant sur le rez-de-chaussé de n'importe quel immeuble. Puis mon clone a crié: "Zebra!", et les portes ont étés brutalement déchiquetées par un courant puissant, laissant place à une sorte d'ouverture para-normale qui aspirait tout à l'image d'un trou noir. Mon corps a donc été violemment projeté dans ce "vide sidéral", et puis... amnésie, hélas. Je ne me rappel absolument pas de la suite. Mais il a dû forcément se passer quelque chose...
19:55 Publié dans What da fuck? | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : rêve, lucide, nagual, metaphysique, écriture
08.05.2008
Vision chamanique I
Je vais tenter de vous livrer par petits bouts l'approche qu'ont développée les ancêtres des sorciers de la lignée de Don Juan [le personnage central de toute l'oeuvre de Castaneda]. Je tiens à préciser que les livres que je possède de cet auteur sont en espagnol, il se peut donc que mes traductions subjectives -pour des termes qui sont déjà très abstraits et teintés de "magique"- soient un peu "déphasées et approximatives", après tout je ne suis pas un spécialiste chevronné de Casteneda.
Il faut dabbord vous dire que la plus grande découverte des premiers sorciers toltèques à été de s'aperçevoir que l'univers tout entier, ainsi que les êtres vivants, étaient constitués d'une sorte d'énergie mystérieuse. Ce fait remonte à très loin, Don Juan précise que cela s'est produit bien avant l'arrivée des Espagnols en Amérique Latine. Selon ces antiques sorciers, il faudrait voir cette énergie comme un immense réseau de fils, de cordes, de lignes lumineuses qui se tordent dans tous les sens et qui traversent l'immensité cosmique. En outre, ils se sont apperçus que chaque être humain, organisme vivant doté d'une conscience développée, était emballé dans une sorte "d'oeuf lumineux" [mais cela dépendait des individus, souvent c'était plus une boule qu'un oeuf]. Cet halo sphérique et incandescent suivait les déplacements de l'homme en traçant de sillons évanescents au sol, comme des petits échos lumineux, et se dissipait lorsqu'il trépassait. Par ailleurs, au sein même de cette sphère, quelque part au niveau de l'omoplate droit, se trouvait un point encore plus lumineux. Ce dernier était nommé: "point d'emboîtement", par l'ensemble des sorciers. Selon eux, ce point particulier avait la particularité de concentrer une quantité monstrueuse de filaments lumineux [vous savez, ceux qui traversent l'univers]. En fait, il faudrait penser que la plupart des lignes lumineuses, qui traversaient la sphère qui emballait chaque individu, se rejoignaient dans ce point, comme si elles partaient de là. Vous visualisez un peu la chose, ou il faut que je fasse un croquis, hum? Bref, les sorciers des temps passés, étaient convaincus que ce point clé était "la racine naturelle de la perception". Ainsi, le phénomène global de la perception, même à un niveau mental, abstrait quoi, s'organiserait autour de ce point d'emboîtement ["punto de encaje"]. Après plusieurs expérimentations chamaniques, ils découvrirent que ce point clé pouvait être déplacé au sein de la sphère lumineuse, et que le résultat qui en découlait se traduisait par une perception "atypique et transcendantale" du monde familier [j'appel "monde familier" la vision conditionnée qu'on nous transmet depuis qu'on est enfants]. Certains de ces sorciers pouvaient même déplacer leur point d'emboîtement avec une telle force, qu'il sortait de la putain de sphère incandescente [ce qui était très périlleux selon Don Juan]. Conséquemment, leur énergie adoptait la forme d'une colonne lumineuse, et ils parvenaient ainsi à capter bien plus de filaments lumineux que la sphère "naturelle" de base. En outre, avec cette nouvelle configuration énergétique, ils avaient la possibilité de percevoir des "royaumes non humains". Mais comme je l'ai dit précédemment, le gourou de Castaneda trouvait cela fort dangereux, car les conséquences sociales de cette démarche étaient bien trop négatives. La plupart d'entre eux devenaient "farouches", "égoïstes" et "presque cinglés"...
Mais avant cela, ils avaient constaté qu'un déplacement "naturel" de ce point d'emboîtement, se produisait chaque fois que l'on rêvait. C'est donc en s'attachant au domaine vaporeux des songes qu'ils ont réussi à trouver des méthodes pour maintenir le point d'emboîtement dans une position différente [qui n'était donc plus à l'endroit "habituel"; c'est à dire au niveau pseudo-immuable de l'omoplate droit...] De cette sorte ils agrandissaient prodigieusement leurs capacités exploitables de perception -je trouve cela fascinant, personnellement-. L'ensemble de ces techniques ancestrales était regroupé autour du concept chamanique: "ensoñar", hélas je ne sais comment le traduire [peut-être: "para-rêver"?]. L'art magique du "ensoñar" consistait donc à déplacer le fameux point d'emboîtement et à le maintenir dans une position "non-normale". Et pour cela, il fallait... [attendre la suite, hum].
20:35 Publié dans What da fuck? | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : castaneda, esoñar, ver, chamanisme, rêve, énergie, encaje










