27.05.2008
Retour du spectre [explorador?]
Cette saloperie de spectre énergétique ce cache derrière de gens qui me sont proches. Il prend leur forme, épouse leurs corps, leurs voix. Je ne remarque se présence qu'à la dernière minute, juste quand il reprend son apparence "normale". J'en suis presque convaincu; hier soir, dans un autre songe très réaliste sensoriellement [et cela me semble être un facteur plutôt important, qui annonce en quelque sorte son éventuelle arrivée], il est réapparu sinistrement, alors qu'il se cachait dans l'enveloppe charnelle de ma soeur. Je rêvais qu'on prenait des photos ensemble dans les ruelles étroites du vieux Lyon, et soudain, un clochard poisseux [sorti de nulle part] débarque et s'agrippe vicieusement à ma veste en cuir, en me dégoisant des trucs inintelligibles; j'ai remarqué aussi qu'il avait quelques dents en or et que son haleine était particulièrement nauséabonde [comme s'il avait croqué dans un étron desséché]. Machinalement, je lui ai donné l'appareil photo pour qu'il me foute la paix, et puis il s'est évanoui dans la pénombre d'une ruelle. J'ai commencé à transpirer dans le rêve, ce vieux hystérique m'avait foncièrement tendu. Puis je me suis retourné pour dire un truc un à ma soeur, et là, il y avait le putain de spectre gazeux. Ce dernier a essayé de me capturer avec son impétueux courant énergétique, mais je me suis réveillé violemment juste avant que cela arrive. Et cette fois, j'avais très mal au bas du dos, comme si on m'avait donné un coup de genou dans cette partie du corps. D'ailleurs, actuellement quand j'écris, je ressens encore un peu cette désagréable sensation.
En résumé: Le spectre, contrairement aux premières expériences oniriques de Castaneda, surgit d'une personne [qui m'est familière, jusqu'à présent]. Cela se produit lorsque le songe semble avoir un caractère assez réaliste [au niveau des sensations en tout cas]. Et puis enfin j'ai l'impression qu'il m'inflige des dégâts physiques, sinon comment expliquer ces douleurs?
Tactique: Pour l'instant, fuir brutalement, ou me réveiller à tout prix. Je ne sais absolument pas ce qui pourrait se passer si je me laisse manger par le spectre... Quoique, à vrai dire, j'ai peut-être une vague idée [théorique], celle que j'ai trouvée dans le bouquin de Castaneda, bien entendu. Mais le truc c'est que je ne suis pas spécialement prêt pour effectuer ce voyage énergétique... si c'est vraiment cela de quoi il est question. Il faut aussi que j'aille quelques jours dans les bois, histoire de ressourcer mon capital énergétique [n'essayez pas de comprendre, hum...].
Avertissement: Sincèrement, je n'ai abosolument rien raconté à mes parents, cela risquerait d'accentuer les vives tensions qui règnent en ce moment à la maison. Gardez donc tout cela pour vous mêmes [je le dis à ceux qui me connaissent dans "la vraie vie"].
23:55 Publié dans What da fuck? | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : ensoñar, arte, spectre, chamanisme, rêves
24.05.2008
Au-delà
Je discutais mollement avec M, elle était allongée de l'autre côté du lit. Chaque fois qu'elle parlait, elle regardait ses mains et jouait avec les plis chaotiques de la couette. Je la trouvais drôle ainsi, et malgré la profondeur méticuleuse de ses réflexions, je ne pouvais m'empêcher de la comparer inconsciement avec un personnage fantasque de manga japonais. Au bout de quelques échanges elle s'est levée en bondissant comme une agile sauterelle, puis elle s'est dirigée vers la grande fenêtre du living. Elle semblait être étrangement absorbée par la contemplation de quelque chose au loin, dans l'azur. On aurait dit qu'il s'agissait d'une immense libellule qui vagabondait lentement entre les sombres nuages de minuit. Je me suis levé à mon tour pour me rapprocher de la fenêtre. M était toujours figée, ses yeux ne clignaient même pas, et sa respiration semblait éteinte. J'ai eu un terrible frisson, on aurait vraiment dit qu'elle s'était transformée en une statue de chair. Je lui ai demandée si elle sentait bien, mais elle n'a point répondu. J'ai alors touché son épaule afin de susciter une quelconque réaction de sa part, mais rien ne s'est produit. J'ai pensé pendant quelques instants qu'elle me jouait une sale blague. Alors j'ai feins que j'allais l'embrasser, j'étais presque sûre qu'elle réagirait, mais quand je m'apprêtais à poser mes lèvres sur les siennes, j'ai entendu un cri monstrueux provenant de la cuisine, suivit par un fracas métallique, comme si on avait laissé choir une marmite en acier sur le carrelage. Je me suis précipité pour voir ce qui était arrivé, mais il n'y avait personne dans la cuisine, et tout semblait normal. Soudain j'ai senti quelque chose de mou sous mes pantoufles, j'avais l'impression d'avoir marché sur un vieux bonbon tout gluant. En ôtant mon pied j'ai vu un petite tâche pourpre sur le carrelage. J'ai alors enlevé ma pentoufle gauche pour l'examiner. La semelle était toute souillée, et il y avait comme un minuscule débris organique collé à elle. Je l'ai détaché, et quand je l'ai bien vu de près je l'ai violemment jeté parterre. C'étaient les restes d'un oeil. Je me suis extirpé de la cuisine aussi vite que j'ai pu. Je dégoulinais de trouille intérieurement, et j'avais aussi une vague envie de dégueuler. En arrivant au living M. n'était plus là, et la vitre de la fenêtre était cassée. J'ai eu immédiatement la foudroyante certitude que la pauvre s'était défenestrée. J'ai donc fait la même la chose, instinctivement, poussé un par un élan mystérieux. En tombant du haut de l'immeuble dans les airs lugubres j'ai ardemment tenté de déployer mes ailes, celles qui me permettent de voler dans la plupart de mes de songes [est-ce dû à l'influence d'Escaflown?]. Mais cela n'a absolument pas marché, et voyais le trottoir d'en bas se rapprocher de plus en plus de ma pauvre future carcasse défragmentée. Et soudain, juste avant de toucher l'asphalte, une sorte de vortex brumeux s'est ouvert in extremis et m'a aspiré férocement, pour ensuite me faire tournoyer dans l'intestin d'un mystérieux tunnel vaporeux. Après, j'ai eu l'impression d'avoir perdu connaissance... En ouvrant lentement les yeux, j'ai constaté avec stupéfaction que j'étais étendu sur un petit sentier boueux qui zigzagait dans une forêt à la flore démesurée. Il y avait partout comme des eucalyptus géants, dont les sommets infinis s'engouffraient dans un ciel crépusculaire aux tonalités purpurines. Il y avait aussi d'autres sortes d'arbres inédits et hymalayesques dont les multiples branches vomissaient d'épaisses lianes fibreuses couleur marron. C'était un spectacle dépaysant. Quand je respirais je pouvais aussi percevoir la richesse olfactive des lieux; l'air contenait une panoplie d'odeurs boisées, sauvagement brutes et pures comme le cristal d'un diamant parfait. Je pouvais aussi sentir l'haleine puissante de la terre, c'était une odeur d'argile unique qui apaisait mes poumons fébriles. Le plus incroyable, c'était que j'avais totalement oublié que j'étais dans un rêve, du fait que toutes ses informations sensorielles [sans parler -aussi- de l'opulence des bruits...] me faisaient percevoir cet endroit comme s'il était vraiment réel. Après cette première impression, j'ai commencé à arpenter le petit sentier dégagé. Au bout des quelques mouvements j'ai aperçu M, elle était accoudée au tronc d'un arbre monstre; elle regardait vers le haut, comme si elle épiait les portions d'azur purpurin qui filtraient à travers le feuillage des arbres de la forêt. Soudain, une lumière aveuglante a surgit d'un nuage. Elle s'approchait rapidement de nous. J'ai remarqué progressivement qu'il s'agissait d'une sorte d'insecte géant, qui émettait une vive lumière ocre, telle une luciole mais avec un long corps organique à l'image de celui des libellules. J'ai commencé à paniquer, la bestiole avait l'air hostile à notre présence. Elle a même cassé plusieurs branches, les faisant choir scabreusement très près de nous. J'ai donc pris M. par la main, et je l'ai obligée à fuir à mes côtés. Nous avons couru pendant un bon moment. J'entendais au loin, vers l'endroit où nous nous trouvions auparavant, des cris tonitruants, et aigus comme ceux d'une fêmme atterrée, mais je savais qu'ils n'étaient "pas humains". Au bout, de quelques instants, on s'est arrêtés, je me sentais étrangement épuisé, et M. refusait de bouger. Je lui ai demandé si elle savait où nous nous trouvions, elle n'a rien dit. Je me suis alors rappelé, d'un coup, que j'étais tombé dans un vortex brumeux -suite à mon saut à travers de la fenêtre de l'immeuble- et qu'il m'avait projeté dans cette étrange forêt digne d'un ouvrage de science fiction. Cela m'a immédiatement rassuré quelque peu, car je savais que je rêvais. Mais ma quiétude n'a point durée, car j'ai entendu un autre cri terrifiant juste à quelques mètres de nous, il semblait provenir d'un petit buisson épineux qui était situé à ma gauche. J'ai donc essayé de courir instinctivement en tirant M. par l'épaule, mais je n'ai pas réussi à la faire bouger d'un poil. Quand je me suis retourné pour lui dire qu'il fallait courir pour sauver notre peau, j'ai failli avoir un arrêt cardiaque, ce n'était plus M, mais un forme gazeuse opaque [comme un spectre] qui a commencé à m'aspirer avec une telle violence que je me suis réveillé en criant...
Il était 2h, j'avais donc dormi presque pendant 12 heures. J'ai essayé de me lever mais je ne pouvais pas, je ressentais douleur aigue dans la poitrine, et chaque fois que je tentais de faire un geste, une souffle glacé venait torturer mon coeur [je pense, ou une région proche du coeur]. Je suis resté allongé une bonne dizaines de minutes avant de pouvoir me déplacer normalement. J'avais peur, vraiment très peur. Et si c'était "un explorateur" d'un autre monde qui avait planifié de m'attaquer? Devrais-je arrêter d'essayer de suivre à ma façon les traces de Castaneda? Etait-ce tout simplement un cauchemar ordinaire, ou ai-je vraiment voyagé avec mon corps énergétique dans une autre couche de l'univers?
On véra bien... ou pas.
20:17 Publié dans What da fuck? | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : chamanisme, rêves, explorador, ensoñar










