15.09.2008

Ringardons*

Ces lambeaux calcinés imbus d'histoire, ces momies nonchalantes ruminant leurs amertumes, ces corbeaux fétides aux ailes de plomb; sont bientôt nous, inexorablement... Et ces tuiles hypocrites qui s'éclipsent déjà -balafrant la géométrie des formes-, Oh farandoles dégarnies! Oh partouzes incontinentes! A nous le délabrement parfait!

12.09.2008

54 révolutions

Maman, tu es un arbre blanc

aux hystériques vieilles branches

mais aux racines profondes

-hymnes secrets à la sagesse-

je t'aime.

30.08.2008

Mes mains saignent

Quand je scrute la morne glace des miroirs, je vois l'adolescent perdu aux rêves brisés. Ce sinistre fantôme intérieur qui râle, qui couine et chiale, demandant toujours des vaines explications. -Pourquoi m'as tu ainsi scari-sacrifié? Où sont passées les années séquestrées?- Je n'ose guère lui répondre, de peur de l'affliger. Il a l'air si esseulé, si désabusé, dedans le vague reflet...  Je ne peux que lui dire: "pardon", avant de fracasser sa prison.

28.08.2008

Esquinte


Découvrez Inti Illimani!

Il y a ces bouts de mélodie qui font déborder les aquarelles salines, il y a ces chansons inexplicables qui dessèchent nos yeux lépreux. On se laisse emporter par le vif tourbillon sonore des instruments, toujours vers haut, tels des oiseaux assoiffés d'azur, et une fois "là-bas", sur ce petit para-nuage langoureux, on contemple la fin de quelque chose, de quelque Homme, tout au fond du sombre abîme, poignardé par la musique elle même; traîtresse fleur insomniaque aux pétales ardentes. Il y a ces chansons maudites qui remplissent le coeur des océans.

06.08.2008

Effet-mère

As-tu déjà perçu l'ombre inversée d'une étoile gitane fonçant dans la poussière d'une chimère constellaire?

C'est l'amour débridé... "Pan!"

04.08.2008

Chic lamantin

Amour aliénant, cercueil des folies

pourrir dans le noir, avant les mois blancs

j'écris mes cris, acryliques crinières

les frontières se creusent, toutes pieuses

avalanches minuscules, de larmes félines

un crâne roule, oh! ciel tournant: "pan!"

doigter les cordes, de l'amante régulière

chocolats bourgeois, brûleurs de billets

et ces mots roses, se mutant en épines

je miaule désabusé, tout est révolu.

26.07.2008

Echos

Un petit fantôme noisette pleure dans mes yeux -tartines de chagrin, marmelades lacrymales- Je voudrais tant le consoler, lui dire chaleureusement qu'il n'est pas le seul fantôme chétif de l'univers, et que ses illusions puériles s'élèvent au-dessus de la vaine poussière. Mais je n'ose point. Il y'a comme une pudeur, qui inonde mon coeur, et me paralyse. Après tout, qui suis-je, pour me permettre de lui servir tous ces mensonges. Car il est seul dans son malheur, et ses maigres lambeaux d'espoir s'estomperont dans la crue réalité. Le petit fantôme est condamné. Et je ne peux pas faire grand chose pour l'aider. Je ne veux plus mentir. Je ne veux plus de mirages comestibles, ni de rires défenestrés; je ne veux plus de pays sans chauves et ni de colombes assassines. Le petit fantôme égaré doit grandir, ou trépasser. Pour devenir un spectre fort, effrayant: un amusant chasseur de croyants naïfs, un cauchemar splendide à deux heures du matin, un cri déchirant les entrailles du silence... Petit fantôme chétif, je sais que ces palabres ne t'atteignent pas, mais l'espoir qui vogue dans mes veines coagulera, qui sait, l'élan pragmatique qui te rendra adulte, un véritable spectre redoutable, affreux et malin. Je prierai pour toi, petit fantôme sans nom; je prierai pour toi, avec mes pleurs sans fond.

24.07.2008

Ritournelles

Laisse-toi choir, sur ses rondes épaules, toutes frêles, toutes tièdes: cascade de chair, unissant deux corps, au creux de la nuit. Puis pose ton menton, avec malice, sur sa chevelure déchaînée: cascade de fibres, unissant deux corps, au creux de la nuit. Savoure l'odeur de sa fraîche peau, et écoute son souffle délicat: cascade de perceptions, unissant deux corps, au creux de la nuit. Permets à ton coeur saltimbanque, d'épouser son rythme oscillant: cascade de musique, unissant deux corps, au creux de la nuit. Rédige un poème, avec ta langue fêlée, sur les pages nues de son corps dévoilé: cascade de vers, unissant deux corps, au creux de la nuit. Glisse tes doigts, sournoisement, dans son humide vallée: cascade de caresses, unissant deux corps, au creux de la nuit. Murmure-lui, une pléthore de baisés; sucrés ou salés: cascade de volupté, unissant deux corps, au creux de la nuit... Fusionnez l'alchimie des âmes, et laissez-vous noyer, dans ce long fleuve sacré: cascade d'amour, unissant les océans, au creux du néant.

22.07.2008

Virgulez, y'a rien à voir!

Sous l'arbre aux milles larmes écloses, je t'embrasse mon ecchymose. Petite douleur d'été, toujours vive et secrète, quelque part dans les débris de mon vieux cristal. Voilà que je te câline -en guise de prélude- et non sans regrets. Oh, cygne cynique, au bec effilochant! Oh, rapace dérapant, visant ma clique! Ces moments jolis teintés d'espoir, ces plumes tranquilles sans affres noires... Je sais que tu reviendras, les maux sont solides, et mes mots sont faibles, pour esquisser la torture: regards acides, rongeant les pétales; solitudes collectives, attisant les plaies; vices carnivores, charcutant la bonté. Alors je te baise ma douleur, et je t'immole de l'intérieur; pyro-métaphores, hystéries lumineuses, imminentes en ta panse: "kaboum!". Désormais je te creuse, une tombe silencieuse. Atavique trou parterre, signature funeste, que je te dédirai ce jour d'allégresse, où ton corps purulent sera inhumé... Amène!

18.07.2008

Pour une fée suédoise

Ta blanche main, tendre comme la neige, je la serre fort dans la mienne, encore et encore. Elle ne pourra guère me brûler, preciosa, car je suis une flamme, mouvante et totale, vois-tu? Puis on ira crâcher sur les nuages hautains, et planter des mangues bleues dans les prairies fécondes. Tu verras, on sera des lutins fous et ivres d'étoiles; ici, allà, partout, profitant de l'instant précieux qui fige les horizons avant les grands cataclysmes. Et peut-être que cet instant, rare, deviendra une éternité irrationnelle durant laquelle un arôme de bonheur parfumera nos chairs au milieu du chaos; pour le meilleur, et pour le pire, mi cielo. Alors viens vite, je suis où tu sais... je suis dans ton coeur, chaud et sucré.

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