19.04.2008
Eteindre "le dialogue intérieur"?
Mais qu'est-ce donc?
Selon Don Juan, le pseudo-sorcier mexicain qui a initié le célèbre anthropologue Carlos Casteneda au chamanisme [émanant de la civilisation Toltèque], ce "procédé" est la clé absolue pour atteindre le rayonnement subtil du "Nagual". Je suppose que je me dois aussi de vous expliquer ce qu'est le "Nagual", mais ce n'est pas très simple à vrai dire, hum... Le nagual peut avoir différent sens, je l'ai découvert en lisant par exemple l'ouvrage de Don Miguel Ruiz: Les quatre accords toltèques, mais subjectivement j'ai plutôt choisi l'explication fournie par l'univers que décrit Castenda. "Le Nagual", est ce qui se trouve en dehors de l'île du "Tonal". Cette île est une représentation de la perception consciente ou inconsciente des objets de l'univers, et de la vision de l'existence que nous avons sur notre petite planète bleue. D'après Don Juan, l'immense majorité des personnes demeurent toujours dans ce moule "tonal", sauf lors de leur naissance ou de leur décès, car c'est à ces moments précis que le "Nagual" se manifeste de façon naturelle. L'île du "Tonal" est très vaste, chacun de nous possède une île personnelle de cette sorte, et on l'on retrouve sur l'ensemble de toutes ces îles existantes, et respectives à chaque personne, des points en commun, des similitudes, comme la présence ou l'absence d'un Dieu, l'ébauche du manichéisme, le désir instinctif, l'inconscient terroriste [formule poétique, hum], bref, beaucoup de choses. Cette île est aussi un "rêve", mais quand je dis "rêve" je renvoie à une vision subjective du monde, et pas au phénomène onirique régénérateur [miam, miam]. Les toltèques appelaient aussi l'ensemble collectif de ces rêves: le "Mitote"; ils croyaient qu'il était plutôt néfaste, car ce chaos empêchait de voir la vraie nature de l'univers et la "luminosité des êtres" [mais là je m'éloigne un peu du sujet, je vais donc revenir au coeur du sujet, hum]... Pour Don Juan, il est très difficile d'accéder au "Nagual", seul un guerrier [ou apprenti chamanique] peut le faire sans y risquer sa peau. Pour cela il y'a des "techniques" que le maître chaman doit apprendre au guerrier. Je vais en citer quelques unes, sans toute fois les expliquer, ainsi je laisserai les personnes véritablement ouvertes et curieuses d'avoir le déclic pour lire les ouvrages de Castaneda [notamment: Relatos de Poder]. Avant tout, il faut tout nettoyer, balayer son île du Tonal, la débarrasser de ses objets encombrants et pesants; il faut aussi cesser de vouloir toujours tout expliquer, assumer ses responsabilités, être "fort", "impeccable" et prêt à défier la mort, être prêt à agir sans attendre rien en retour, puis changer la "façade" de certaines choses auxquelles ont accorde une grande importance [les mettre dans une sorte d'arrière plan]; il faut aussi maîtriser des techniques qui tournent autour de notre "attention à l'égard du monde immédiat" [ou "l'intention"] pour saturer d'informations multiples l'île du "Tonal" et stopper ainsi son flux, sans pour autant l'anéantir, car selon Don Juan, si jamais un homme meurtri profondément son "Tonal" personnel, il risque de mourir. Par ailleurs, il mentionne aussi qu'il y-a des personnes qui on "Tonal" en bonne santé et d'autres dans un état lamentable, comme les alcooliques déliquescents ou toutes les personnes fragiles qui ont des problèmes avec leur santé physique et mentale; cela m'à conduit à penser que le "Tonal" est intrinsèquement lié à l'état sanitaire de notre complexe machine infernale en chair surenchérée [excusez-moi pour la métaphore, c'est plus fort que moi, hum]...
Stopper le "dialogue intérieur" [el dialogo interno] est tout un art chamanique, qui consiste en gros à savoir rétrécir la puissance naturelle du "Tonal" envahissant, afin de permettre au "Nagual" de jaillir momentanément. Mais pour cela il faudrait, comme je l'ai dit précédemment, être sur la voie impéccable du "guerrero" [le guerrier]; et pour y parvenir il est nécessaire d'avoir un maître sorcier qui va aider le néophyte en question [choisi par le "pouvoir"] à rétrécir son "Tonal", sans qu'il mette sa vie en danger, notamment lorsqu'il va utiliser les plantes psychotropiques... Castaneda en a consommé beaucoup [selon ces récits] comme le peyotl [qui pousse uniquement dans certaines régions arides du Mexique], le datura... Pour Don Juan, l'intérêt des ces plantes est qu'elles ont un pouvoir sacré permettant de réduire le "Tonal", et d'accéder ainsi directement au vertige transcendant du "Nagual"; mais il précise qu'il faut le faire de façon ponctuelle et limité, parce qu'à long terme ces plantes psychotropiques peuvent avoir des conséquences désastreuses pour la santé [ce qui est bien connu, hum...]. Elles servent en somme juste à préparer le terrain en déstabilisant le socle conditionné de l'île du "Tonal". Le véritable but du sorcier serait de pouvoir accéder au "Nagual" uniquement grâce à son "intention" et à son "pouvoir", sans avoir recours aux plantes sacrées... [je trouve cela très intéressant, mais je reviendrai là-dessus plus tard, dans une autre note].
Je sais que c'est un peu compliqué pour les âmes qui n'ont jamais entendu parler de concepts chamaniques tels que le "Nagual" [qui veut dire aussi "sorcier" en toltèque], le "Tonal" et compagnie... Je sais également qu'il y-a une polémique autour de ce personnage si flou de Castaneda, car je me suis penché sur les articles caustiques de ses détracteurs, mais au-delà de tout ce débat virulent, j'ai trouvé dans son pseudo-témoignage beaucoup de choses subjectivement-sensées, comme des petits bouts éplileptiques de "quelque chose" qui vibrent en osmose avec certaines de mes plus profondes pensées. Je vais donc vous laisser dans votre île du "Tonal", avec votre vision personnelle du monde en guise vérité, voilà.
15:06 Publié dans Réel rouillé | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : nagual, tonal, toltèque, mitote, chamanisme, kouka, nicoya











Commentaires
Je n'ai pas lu Castaneda. J'ai lu Ruiz dont les thèses sont très approchantes. Autant j'apprécie Ruiz (et Castaneda dans vos propos) quand il décrit le fonctionnement du mental. Autant je suis réservé quand il s'agit des méthodes qu'ils préconisent.
On ne peut pas, à la fois, dire : "ne croyez personne", "chacun vit son roman" et s'en remettre à leurs instructions.
Se faire confiance, se réconcilier avec soi-même, (re)découvrir le bonheur d'être soi, peut-il commencer par attendre la vérité des autres ? C'est encore et toujours vivre dans le futur.
Ecrit par : Jean Louis | 21.04.2008
Voyez vous Jean Louis, j'apprécie tout autant que vous les deux individus, mais comme toujours il y-a entre moi et eux un certain recul. Ce que j'essaye de faire c'est juste de constuire ma propre vérité en puisant dans un panorama éclectique de courants aussi divers que les couleurs d'un arc-en-ciel en érection.
Quand au chamanisme indien, je trouve cela fascinant! Et je m'y penche de plus en plus, hum (puissance d'écho "hum" au carré, youmi, n'essayez pas de comprendre!).
Et enfin, pour mine-ter, je pense rement-sincé qu'il est indispensable de "se reconciler avec soi-même", si l'on veut survivre dans une société ssi-au écrasante et conditionnée que la notre.
oim.
Ecrit par : Kouka Nicoya | 21.04.2008
belle réflexion mon cher!
hum au carré, je conçois, mais...youmi, ça veut dire quoi?
c'est un mot post punk indien-hindou? lol^^
Ecrit par : blackmamba | 30.04.2008
"Youmi" ça veut dire "miam", tout simplement.
Zubs.
Ecrit par : Griffe de Coyote | 01.05.2008
la voix ou la voie...
Ecrit par : elementerre | 06.05.2008
à toi de voi-re^^.
Ecrit par : Griffe de Coyote | 07.05.2008
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