14.04.2008

Un point noir dans le ciel...

J'entendais un bruit métallique provenant de la cheminée. C'était comme si une bête afolée lacérait frénétiquement le grillage vissé à la paroi du conduit. Mon chat était à mes cotés, il me disait avec ses miaulements électriques d'ouvrir la petite porte rouillée. J'ai mis quelques minutes avant d'oser passer à l'acte, j'avoue que j'appréhendais un peu les conséquences, je n'avais aucune idée de "ce" qui pouvait se trouver là dedans... Quand j'ai fini de déverrouiller la serrure, un oiseau énorme a jaillit de l'obscurité poussiéreuse de la cheminée. Mon chat a eu tellement peur qu'il a bondit en arrière d'au moins deux fois mon ombre. L'oiseau mystérieux s'était immédiatement envolé vers la fenêtre la plus proche, mais son corps emplumé s'est fracassé aveuglement contre l'épaisse vitre [je regardais la scène avec horreur, je me croyais dans un de mes cauchemars surréalistes]. Quelques secondes après, mon chat, sortit de son état de stupéfaction brute, a sauté violemment sur l'oiseau meurtri, mais ce derniers n'avait pas craché son dernier soupir, il s'est hissé impétueusement avec tout son plumage crépusculaire, repoussant avec ses ailes immenses et ténébreuses les assauts répétitifs et agiles de mon cousin félin. Je n'avais jamais vu un combat aussi titanesque, aussi foudroyant [les plus petits animaux peuvent êtres redoutables]... Il y'avait un amas de plumes qui valsait lugubrement autour des deux guerriers. Par moments, mon chat enragé parvenait à écorcher l'oiseau avec ses griffes, mais il recevait aussi une pluie aiguisée de coups de becs désespérés, le combat était donc plutôt équilibré. Je craignais tout même que mon cousin perde un de ses bijoux oculaires, j'ai donc couru vers la fenêtre en poussant un cri tonitruant -afin de séparer momentanément les deux parties-, puis, je l'ai ouverte aussi vite que mes réflexes l'ont permis. L'oiseau noir a senti un courant d'air frais qui s'engouffrait dans la pièce, il n'a pas tardé à décoller péniblement pour s'extirper de la baraque. Juste au moment ou il traversait la fenêtre ouverte, ses longues ailes épileptiques ont frôlé mon chapeau de feutre. J'ai ressenti quelque chose de glaciale, comme si on trempait mon corps nu dans une baignoire remplie de crânes pourris et de glaçons ensanglantés. Je n'oublierai jamais cette sensation, ce souffle ténébreux qui m'a absorbé avec toute ma verticalité le temps d'une respiration...   

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