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05.03.2008
Il pleut des poux
Je file les ciseaux à mon autre moi, celui qui affiche un sourire de hyène dans le miroir. Puis, il me prend plusieurs mèches au hasard, et les coupe une par une. Je ne bouge pas d'un poil, de peur qu'il m'entaille une oreille, il est tellement maladroit parfois... L'opération semble durer toute une éternité, j'ai donc le temps de faire défiler ma vie sur la passerelle de ma mémoire: les situations sucrés, les cloaques de la folie, les bouffées cosmiques, les railleries scabreuses, les coïncidences magiques, les rythmes métaphysiques, les scarifications tièdes, les débats philosophiques, les sentiments chaotiques, l'amour-l'amer-la mort, l'inconstance mafieuse, les choses que l'on ne peut expliquer, le désordre, le désordre à tous les niveaux... "Pan!"
Mon autre moi a enfin terminé. Il me rend les ciseaux en soupirant, il a l'air exténué. Je n'ose point regarder la catastrophe dans le miroir, j'ai si peur, mes cheveux sont plus que des bouts de ficelle, ce sont mes amis les plus intimes. Alors je m'éloigne de là, tout doucement, puis, je dépose entre mes lèvres éreintées une tendre cigarette [que j'allume avec un vieux briquet dérobé], et, je vais m'allonger sur mon pissenlit. C'est tellement curieux, je me sens si léger, si aérien, comme ces volutes de fumée qui s'extirpent de ma gorge. Je crois que je vais m'envoler avec elles...
00:07 Publié dans Réel rouillé | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : kouka, nicoya, poésie, prose, cheveux, scarification











Commentaires
oh mon dieu... j'ai eu le même impression quand je me suis coupé les cheveux (après mon échec écrasant au bac à sable) il t'en reste un peu quand même?
sentir le vent sur sa nuque...
passer entre chaque cheveu,
sensation incomparablement
agréable et incompréhensible,
isn't it?
petit poème linéaire:
(pour la route)
envole
toi
petit
oiseau,
et n'oublie
pas
de prendre
ton élan...
vole
les
ailes
de
la
vie,
et
oublie
le
poids
de
tes
plumes...
folie
capillaire,
éveil
crépusculaire
~
om mani padme hum ri
Ecrit par : blackmamba | 05.03.2008
Hum, plusieurs mois plus tard, il me semble encore parfois regretter mon "erreur de ce connard de coiffeur". Au moins, j'ai échappé aux "mademoiselle, pardon, madame" pendant quelques temps.
D'ailleurs, il y a plusieurs années, je me souviens qu'un Raëlien, prêchant assidûment son vaisseau spatial, m'avait expliqué que les cheveux longs servaient en quelques sortes d'antennes, afin de communiquer avec les extraterrestres.
M'enfin.
P.S: rare que je laisse des commentaires par ici, mais le coeur y est, l'ami.
Ecrit par : Mike B. | 06.03.2008
Peu importe le résultat -fort expérimental -ça fait "amériendien-punk-post-ché-pas-quoi" il parait-, l'essentiel c'est que ça m'a permis d'évacuer une douleur foudroyante...
C'est comme se mutiler, sauf que ça ne salope pas le parquet, ni les vêtements... croyez moi, enfin...
Suiiiiiiinggggg!
Ecrit par : Kouka Nicoya | 07.03.2008
Bah, en soi, se souper les cheveux est une mutilation. Comme le coup de la branche de l'arbre que l'on casse. Et puis, il es certain que de s'en défaire provoque un changement inattendu, et qui va souvent plus loin que celui de la simple apparence. A bien y réfléchir, il me semble que j'avais aussi décidé de couper, -coupe coupe le ciseau fou du coiffeur sourd de mon enfance- pour laisser sur le carrelage froid une partie de ma vie.
M'enfin, comme pourrait le dire un habitué de bistrot "eh, parler cheveux, ça fait gonzesse."
Ecrit par : Mike B. | 07.03.2008
D'oh! Couper les cheveux, voulais-je dire. Quoiqu'après, la soupe de cheveux, pourquoi pas.
Ecrit par : Mike B. | 07.03.2008
bravo, il ne te reste plus qu'à faire neuf fois le tour de la montagne sacrée en te prosternant pour atteindre l'éveil!
non j'plaisante...lol^^
mais si tu ressens encore une douleur après ça, je te conseille vivement d'aller méditer...
la conscience de la préexistance du bonheur profond est une expérience mystique incomparable (orgasme cérébral, etc)
~oublie tout ce que tu crois savoir~
(proverbe tibétain)
Ecrit par : blackmamba | 07.03.2008
"laisser sur le carrelage une partie de ma vie", très bien dit Mistral Srtike.
Mamba negra, la méditation ne résoud pas tous "mes" problèmes, hélas, je n'ai pas le qualibre ni la patience d'un maître yogi, et lui... il ne connait pas mon qualibre ni la science de ma rage, hum.
Je n'ai rien à ajouter.
Ecrit par : Kouka Nicoya | 07.03.2008
mmm... chacun son trip, je comprends ta réticence; et...rien ne peut remplacer un orgasme physique, je suis bien d'accord ~
cela dit la rage n'est pas un obstacle pour parvenir à être heureux, bien au contraire...il faut une bonne dose de courage, mais rien n'est impossible :)
je n'ai rien à ajouter non plus.
^^
Ecrit par : blackmamba | 07.03.2008
Je me permets une légère intrusion, mais enfin. La rage n'est pas un obstacle au bonheur? Peut-être. Mais lorsqu'elle est intimement liée à des angoisses profondes et inconnues, elle en devient souvent génératrice de comportements auto-destructeurs, jusqu'à amener à ce que certains appellent "manque de discernement total". Et cela n'empêche pourtant pas d'apprécier la vie, dans sa transcendance de l'instant.
Finalement, les chats retombent toujours sur leurs pattes.
Ecrit par : Mike B. | 08.03.2008
oui, tout à fait vrai mon cher watson!
mais d'une certaine manière, si cette angoisse/rage/dépression est exprimée, elle a toutes les chances d'être "évacuée de la sphère consciente", pour aller se loger dans la partie inconsciente, en latence, comme dirait notre ami sigmund... elle devient alors régératrice de rêves étranges, symboliques, d'où l'intérêt de l'analyse... à partir de là, elle peut être utilisée non plus comme pulsion de mort, mais comme source d'inspiration, ou comme pulsion de vie! (si si :)
cf la rage d'ingrid betancourt à survivre dans la jungle... théoriquement, c'est impossible, mais elle l'a utilisée pour contrer l'ennemi, et montrer que l'esprit humain a des ressources inespérées...
ce genre d'expérience doit être horrible, mais dans une prochaine vie, elle aura un très bon karma, moi j'te le dis!
(cela dit, loin de moi l'idée de la laisser crever là bas, on s'entend bien..°)
voilà ~
Ecrit par : blackmamba | 08.03.2008
ah ah ton "pissenlit" elle est bien bonne celle là. Nan c'est vrai ça me fait sourire =)
c'était inattendu.
La cigarette, décidément elle fait toujours sa petite impression, empreinte de poésie et de légèreté. Dire que je m'en sers aussi parfois pour pimenter mes vers arythmiques. "nicotine, fumée, petite brune..." tout ça est bien joli. Mais je la hais!
Sous ses airs de bohème, elle veut juste notre mort.
Mais j'ai bien aimé ce texte, on peut pas voir le résultat capillaire?
Ecrit par : Mowglie | 08.03.2008
Cette affaire d'Ingrid est un drame, mais elle n'est pas la seule, si elle n'avait pas été liée à la famille "l'Oréal" (hum, c'est vrai, son ancien époux...) et au monde politique, personne n'aurait parlé d'elle. Pour preuve, il y'a des centaines de français dans des prisons étrangères et que l'Etat français n'aide pas, pour enquêter, extrader, envoyer des consuls, des experts...
Le traitement n'est pas le même pour tous... les pauvres et les inconnus mourront toujours dans l'ombre des riches, c'est assez ignoble quand même, mais que faire?
Il y'a une grosse pression médiatique (qui n'est pas due au hasard) dans cette histoire franco-colombienne, croyez moi, mais enfin, j'en dirai pas plus. Espérons tout de même qu'elle sortira de cet enfer (et je le souhaite vraiment!).
Se fue.
Ecrit par : Kouka Nicoya | 08.03.2008
mmm... c'était déjà déprimant à la base, mais là ça prend vraiment des airs "d'affaire d'état"...
ah ça me dégoute!
Ecrit par : blackmamba | 08.03.2008
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