30.11.2007

Etoile filante

Je suivais son petit regard espiègle, il rebondissait partout, sur le papier peint, sur les bouteilles tièdes. C'était comme essayer d'attraper une luciole avec des baguettes chinoises. Impossible. J'avais beau essayer avec toute ma fougue animale, il finissait toujours de l'autre côté du bistrot, à des années lumières de mon orbite. Ces yeux étaient plus farouches que le tango que balançaient les deux musiciens fébriles, mais pourtant, le peu que j'ai pu voir d'eux, a suffit à m'hypnotiser. Et maintenant, ils me talonnent, dans les méandres de mon inconscience. 

On croise des inconnues comme ça, insaisissables et fugaces.

29.11.2007

Kesquite

Spirale de la volupté

cuisses molles mouillées

ronde envie de toi

soufflet.

27.11.2007

"Pan!"

Tire de carabine,

foire d'hémoglobine,

j'ai cloué mon intestin

sur tes lobes en porcelaine.

Et les spectres cacochymes te fixent

avec une pétulance inquiétante,

ils voudraient bien tes boucles d'oreilles

pour s'adoniser devant leurs glaces...

24.11.2007

Etrinzelte

Rires pirates voguant sur le bitume

cernes labourées par la fatigue

déchirons nos lèvres closes

bruine de chocolat, rose

éclatant le verglas humain.

                                                                

Et thé-toi, et tue-moi

précieuse fibre

tzigane

ane

.

19.11.2007

Dékranation

Je défonce la porte bleue, langue ouverte, yeux gluants. mais la rue demeure désespérément muette. je voudrais tant qu'elle jappe, qu'elle éjacule son foutre bitumeux sur mon hébétement lancinant. plouc! depuis que j'ai égaré mes moustaches de chat, je suis devenu bien flasque, vaguement pire qu'un matelas obèse tuméfié. et le silence poisseux me nargue avec ces raccourcis aigus, et les mouches kamikazes [marmelade] se fracassent sur mon front port-avions. il n'y a plus aucun geste transcendant, plus aucune respiration nutritive, mes soupirs sont devenus des obus atomiques. résonances putrides croissantes, ondes morbides nonchalantes. night, les spectres fredonnent des airs déliquescents au coeur mon inexistence théorisée. j'ai envie de dégueuler mon propre jambon de singe, auto-spéculations savamment sanguinolentes. fakir! l'avènement de l'avenue de l'Avenir se désintègre, mes interrogations se transmutent en impasses anarchistes. l'eau de vie devient feu de mort. cendres lacrymales, inceste cérébral. mes yeux sortent de ses coquilles! et la fille, celle qui clignote dans les brumes amorphes de mes songes déglingués, ne reviendra plus. des chimères, des putains de chimères infernales de mouise abjecte l'ont dévorée. logorrhée, la vitalité du cauchemar freudien se confirme, et les démons ocres sont bien là, juste à quelques pouces-arrachés de ma splendide carcasse inerte. il suffit d'ouvrir le placard, il suffit de... de... aorte bleue.

17.11.2007

Rata

Fantasmagórica musa insomne,

como una grieta en un cristal

que se propaga por los cielos

de mis oníricas guerras.

14.11.2007

Demis-maux-mi

Crachat crépusculaire et derme fatigué

épaisse solitude édentant le vieil homme

manufacture stakhanoviste d'évocations écornées

il égratigne les satellites avec son escabeau

bistrot enfumé des ombres aux arômes de cuir 

l'élégance grise ne gifle jamais sa parure

chevalier rouillé pestant devant un écran

ambulant potager de la sagesse biologique

Claudius rase ses spasmes avec noblesse

oeuil ténébreux au creux d'une bouteille

béret circoncis pour colonne paradigmatique

balancer de l'amidon aux pigeons cosmiques.

12.11.2007

Tracteur moi

Valise imbue de réminiscences acidulées

la petite fille fantôme renifle des violettes

nuages désertiques aux crinières purpurines

j'ai remis mes habituelles chaussettes en gruyère

éclaboussements pompeux et artifices imberbes

les arbres chétifs masturbent les passants

oublions d'omettre l'abandon de la vertu

vertigineux-verres-verts du sérieux tyrannique

en amont de tes cils je cueille du persil

glissade sur un toboggan arc-en-cielique

l'hibou borgne outrage toujours les chouettes

ne me dis plus que les lutins sont des tapins

cuillères caramélisées multirécidivistes

prophètes bohèmes jonglant dans ta gorge

l'explosion cosmétique a flétri les tulipes

je suinte des fragments de peuples minuscules

formalités physiologiques et discussions internes.

10.11.2007

Fabulistique

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Retrouvailles féeriques et joies stratégiques

la myrtille humaine miaule avec insistance

murmurants fêlés pour affaler les folies félines

éternelles ruelles barrées d'accords mineurs

ovation pour l'excavation hasardeuse des sens

je trébuche vaillamment sur ses yeux accidentés

nationalité sucrée tutoyant les statues de praline

sporadique tendresse d'une pinte salivante

le chien mafieux cloué au mur fume son cigare

petite pomme enrhumée roulant parterre

il faudra corrompre et rompre le temps

raffales religieuses de bises paraplégiques 

lampadaires hautains toisant mes promesses.

08.11.2007

Tomadas

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Photo 1: Nouvelle partie du "malecón" de P. Vallarta. Photo 2: Petit chien des rues. Photo 3: Un canal qui sert à évacuer les eaux sales. Photo 4: Tacho, le super luthier de Coatepec, et en plus voisin de ma tante, qui fabrique des "jaranas". C'est un instrument typique du Veracruz utilisé principalement pour jouer des "sones jarochos".

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