31.03.2007

Les faux siamois

Ils étaient exténués après cette transpirante journée. Ils avaient fait l'amour maintes fois pour recommencer. Enchaîner, enchaîner et refonriquer, comme des lapins affamés. Les pauvres voisins n'en pouvaient plus, ces gémissements, ces couinements, ces souffles ardents... Le couple se métamorphosait en un sexophone dissonnant qui ne cessait de jouer, ou plutôt de jouir, et tout le cartier était au courant [ils forniquaient avec les fenêtres ouvertes]. On aurait cru que s'ils s'arrêtaient ils couraient le risque de devenir des fantômes, ou pire, le bruit du frigo. C'était indispensable pour eux de continuer sans se poser la moindre question, presque de manière automatique, mais toujours guidés par leurs désirs débridés. Leur amour passait donc par la fusion continuelle. En s'imbriquant l'un dans l'autre ils se sentaient en quelque sorte vivants. Parfois ils croyaient même qu'ils n'étaient plus qu'une seule personne, avec un coeur synchronisé qui battait pour les deux. Ils devenaient cette créature siamoise et incestueuse qui fuit la misère morale du quotidien. Et ils'y passaient des heures, à se sonder intérieurement avec leurs sexes, leurs bouches, leurs doigts. Cependant, ils ne cherchaient pas vraiment à atteindre le clou orgasmique du rapport, ils voulaient avant tout s'évader, s'oublier, et devenir "un" en se transfigurant mutuellement [l'espace d'un instant] jusqu'à la perte de connaissance, mais heureux en fin de compte... heureux dans leur caverne de corps.

 

Ils étaient amoureux.

28.03.2007

Carajo!

Vous savez, vous la voyez sourire au loin et vous êtes con-blés, même si ce n'est que le fruit d'un mirage captieux, même si le monde s'effondre sordidement autour vous. C'est tellement puissant comme phénomène, tellement complexe aussi, on ne peut rester indifférent, c'est impossible. Quand on aime quelqu'un le coeur ne feint pas les émtions, c'est bien connu.


Cette personne est donc tout simplement incroyable, surnaturelle, mais vous par contre, vous êtes le grand champion olympique des naïfs.

 

[...]

J'ai envie de vomir.

25.03.2007

Les barrés

Des bières, des rires, des sous

des sourires de cire aux lèvres des sires fous

"Burps"!

Tous abîmés dans un trou majeur

qui grandit le soir avec vigueur

"Voum"!

 Et  leur hystérie dérisoire

tapisse mollement le comptoir

"Tap"!

 Et l'incertaine serveuse haussant

  des sans-cervelles sans cesse le rang

[...]

-Hé,

j'en veux une autre bon sang!-

22.03.2007

Du pareil au même

Il est des hommes et des femmes qui rayonnent en ce bas monde, des individus complexes et rares qu'on aime mystifier naturellement. Leurs corps émanent quelque chose qui nous échappe, comme des vibrations ou des ondes subtiles. Il suffit de les voir venir au loin, il suffit parfois qu'ils disent rien...et là

                                        c'est tout!!!

L'univers est altéré par leur présence

  et l'on croit vraiment à la démence

     mais on est pas fous, on est pas cinglés

       on est prisonniers

          on est sensibles

             on est vivants...                                 "Pan!"

Récepteurs d'un charme invisible qui nous transporte, qui nous balance dans une autre dimension avec les poches trouées et  pleines d'illusions. On peut monter aux cieux comme on peut déscendre aux enfers, c'est une véritable montagne russe. Le voyage est trépidant, dangereux, dévastateur, ou au contraire, réjouissant, merveilleux, constructeur... Cependant on ne contrôle presque rien, même notre coeur devient farouche [et les toros n'aiment pas les cages, c'est évident].

Fragmentation-Fragmentation-Fragmentation: "Slack!"

Je suis prisonnier d'un coeur farouche, le miens. Et ces ondes, ses belles résonnances intérieures, je les perçois quand je te vois, quand je meuble ma solitude avec ta différence, quand je rêve au fond de mes nuits blanches... En somme tu es une véritable muse: "toi" amie que je connais depuis si peu, "toi" inconnue que je croiserai dans les relents du hasard.

Défragmentation-Défragmentation-Défragmentation: "Shap!"

Il est des hommes et des femmes aveugles dans la lumière jaïllissant d'un coeur, un coeur sauvage et fragile comme le notre, un coeur dont on devra sans doute recoller un jour les morceaux...

Ces hommes et ces femmes sont nous, aveugles et rayonnants.

 

18.03.2007

Téléphagie

La télévision jappait,

           elle crevait de faim

tout comme son chiot

               à la douceur caduque.          Plouc.

Alors, ils se sont mangés

                                  de bon gré

                              mais sans grâce,          

   et le sang bleu

   souille à présent

          un vide prodigieux

          qui invite mes yeux...             "Boing"!

 

Camarades,

je convoque

le zoo d'obscurité.

Celui qui refuse les monstres,

les chimères d'électricité.

Ainsi, nos regards voyageront

        plus haut, plus loin, plus fort

             que l'antenne parabolique.

Là où les ondes sont des caresses atypiques

et les satellites des bouches qui fondent...

               quelque part,

           au creux des ombres.

16.03.2007

Du tac au cat

Je suis assis à côté d'un chat, un chat qui fume des dunes et des lunes. Un chat sans moustache, mais qui aime se tâcher avec la mousse [celle qui pique quand on embrasse]. Un chat qui ne se prélasse point dans la masse, toujours solidaire des solitaires. Un chat solide et liquide selon les saisons. Un chat à qui ont peut miauler sans raison [ses noirs soliloques]. Un chat qui caillasse les soleils avec des billes, et qui coupe les orteils violentant les brindilles. Un chat juste, juste un chat... qui danse le chachacha ivre en criant: "La cucaracha"! Un chat acide et assidu au poison des muses. Un chat masochiste qui s'amuse... [dans toutes les langues]. Un chat qui ruse, qui tangue. Un chat sucré, crée sans toi. Un félin fêlé, sans triste fin. Comme un-cra-chat immortel au chakra dérangé. Un chat tout court, mais différent. Un chat lourd, mais marrant. Un chat sourd, mais qui entend:

                                              "Pan!"  "Pan!"

Un charmant paradoxe

qui boxe avec le vent,

un chat exactement!

 

Je suis assis à côté d'un mirroir...

14.03.2007

Etincelle

J'ai vu une luciole au fond de ma bouteille vidée

je venais de boire une vieux souvenir liquéfié

"Glups!"

M'ennivrer, me torcher avec le passé

pour que les étoiles virevoltent encore

-sans morts ni remords- 

dans mes yeux d'enfant

.

11.03.2007

Ziggy le chasseur

Explorer, voilà Sa loi

                    avant de tirer,

alors il s'attarde, puis il rebondit

     de puzzle en puzzle

         de femme en femme

de bout en bout

la queue debout...             "Crack"!

         Fracture du cou

à force de tournoyer

          pour saisir du regard

les nymphes qui déambulent

sur le boulevard.  

              

Puis, il éternue, allergique qu'il est

                         aux blondes multilples

                         et soulantes

-sauf celles... d'un certain Léon,

 le barman qui roule les "k" perdus-

              "Atchoum"!  "Atchoum"!

                  "Raie-atchoum"!

Noyé

   dans sa pinte

          qu'il sera

ce soir, bien roulé

bien lourd, amer

bitume.

 

05.03.2007

L'ingrate

Je te sais très hypocrite ma tendre,

comme une lame déguisée en bonbon.

Je ferais donc mieux de me pendre,

dans les méandres de ton salon...

 

Et le chat pissera des fausses larmes,

        et toi

        du vide embarrassant.

 

02.03.2007

Pesadillas

 Démengeaisons désarticulées,

   rires crades et poupées décapitées,

               le tout dans un vieux congélateur.

              Voilà le putain de décor

          qui se manifeste quand je dors.

Alors, quel est le problème docteur?

-Tati dudi, tati pouki dada fucky* (m'a-t'il catapulté en mastiquant sa barbiche sucrée).


               Bref mon chef

        j'ai rien pigé,

                  pis j'ai faim moi,

                             fin.

[*: Vous êtes abonné à la douleur

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