21.10.2006

Nu(e)it

Gravir les marches, essoufflés, boursouflés

inconstants

un peu à l'improviste.

 

Là haut

au sommet de Saint Jean

deux ombres et cinq yeux

[lambeaux perdus].

 

Les étoiles gigotent derrière  les nuages

elles dansent pour nous

et la ville, se perd à l'infini

[ersatz].

 

Dans son sourire tiède je vois un bon présage

alors je questionne sa chair

je tutois sa langue

un peu hésitant, un peu confu, mais imbu d'amour.

 

Des amas de frissons et de rires chaotiques m'assaillent

toute la nuit, vaille que vaille

j'aime bien ma Petite Souris.

 

Les rues se succèdent, main dans la main

destin funeste, futur prospère

suivons l'orchestre courageux de son coeur.

 

Il continue à pleuvoir

mais l'amour sert de paralpluie

on y croit comme des aveugles.

 

Des passants nous écorchent

des putes en torchent:

égarés automatiques.

 

La porte grinçante s'ouvre

j'enlève mes godasses boueuses

je tremble de stupeur et d'amour

[comme les poivrons dans la poile].

 

Quand elle me regarde je baisse les yeux

j'ai honte

je suis rien, elle est tout

puis la lumière s'en va ainsi que les habits,

le désir nous habite

je tangue

elle mouille

on se cherche

on se comprend

puis viens le sommeil.

 

Réveil

je sens son derme chaud

je devine son visage

la couette frétille, ma Petite Souris sourit.

 

Je la regarde une dernière fois dans le couloir

j'ai peur

j'ai peur de moi

je l'aime

je m'aime pas.

Oxymore abominable.

 

 

-Je t'aime [lui cria doucement Kouka avant de déscendre].

 

15.10.2006

Rencontre

La fille Glups-sur-la-joue,

je joue

je joue avec joie

je joue avec joie sous le joug

je joue avec joie sous le joug de son esprit joyeux

la fille Glups-sur-la-joue,

elle est Nuit-Rose-Bonbon

avec le troisième oeuil

celui qui perçe les surfaces de chair pour saisir l'essence des êtres

une humaniste à tour de bras et d'athébas,

je craque et je recraque

mes os s'éclatent sur son parebrise

c'est un parking des sens et des théories philosophiques

où je gare mon véhicule, où je me véhicule et m'égare

comme dans un songe enfumé

avec sa silhouette, et des tulipes en chocolat

[aux charmes impossibles]

alors je fond

[à fond]

je ris

[Harry, ledit Terry?]

je chiale par révulsions

pis ce sourire sincère et bénévole qui me réchauffe la möelle

la solitude est une telle poisse, un autel de la discretion

alors mes amis que j'embrasse

devenons fous

kaboum!!! [sans direction]

 

09.10.2006

Murmure moi encore

Amères, le bout de tes lèvres mornes

jadis, si pulpueuses, gonflées de passion

je ne peux qu'éteindre mon cigare, dans ce ciel chargé de poésie et de lumière

horizon d'apothéose à l'éclat divin 

on véra bien mes membres, répandus dans le vertige d'un abîme sans histoire, sans exactitude

invisibles en somme, à l'instar de ma mélancolie, pourtant si ruisselante de noirceur coagulée

je t'attendrai, dans l'imprévisible mensonge qui ruinera nos vies

[mais, voilà qu'elle passe juste entre mes doigts!]

ôh surnoise Mélodie..... je te tiens, tu ne t'en iras plus

dans mes fillets tu seras Reine!

 

07.10.2006

Essai romanesque: Partie 1.1

Elle claqua la porte violamment, puis sortit à vive allure de l'immense immeuble grisâtre. Il faisait froid dehors, et l'opacité de la nuit  avait déjà engloutti la petite ville abandonnée de Karban. En marchant le long des troittoirs usés Amélikou versa quelques larmes de rage mais ça détermination demeura inébranlable, elle voulait quitter à jamais ce lieu sinistre, ainsi que ce père alcoolique et acariâtre qui ne cessait de la tracasser machinalement pour des raisons superflues. Depuis la mort de sa mère et le départ de sa  grande soeur vers Lyon tout semblait avoir sombré dans un trou poisseux ou chaque recoin rongeait la chair et l'esprit. Elle avait déjà envisagé le suicide à plusieurs reprises quand sa dépression était à son paroxysme, mais la raison et le petit rayon d'espoir émanant des cordes de sa vielle guitare avaient remporté la bataille névrotique lors de chaque crise existentielle. Maintenant elle voulait fuir, s' échapper de cette vie morale décadente qui stagnait dans l'appartement de son père, et rennaître, tel un phenix antique, dans un ailleur propice à son épanouissement.

Elle n'avait que quelques euros en poche, des Malboros sans filtre, ainsi que sa guitare dans une housse pourrie et une grosse malle en cuir, imbue de tout et de rien, qu'elle peinait à porter avec ses maigres bras. Au fur et mésure qu'elle s'éloignait de son ancienne vie, elle sentait un palpitement de liberté cogner vigoureusement dans sa frêle poitrine. Cette sensation ardante la poussa à marcher encore et encore jusqu'au bout de la nuit, presque en état de transe, absorbée par la soif de changement et de vertiges à venir. Les rues étaient désertes à cette heure taridive, seuls les yeux luminescents des chats et les lambeaux de fantômes venaient heurter le bruit tranchant de ses pas dans l'ombre. Au bout de quelques heures de marche elle s'arrêta puis se posa sur un petit rocher au bord de la route. Elle prit le temps de se masser les cuisses et de griller une clope tout en fredonnant un petit air de Tom Waits. Soudain elle entendit une voiture au loin, alors elle courra  avec toute ses affaires se cacher derrière un sapin, Amélikou ne voulait surtout pas qu'on la voit ainsi, on pourrait trouver cela suspect et la signaler au commissariat, de tout façon elle n'était point majeure, elle devait rester sous de la garde son père, c'était la loi, alors elle ne prit aucun risque. La voiture passa, quand elle fut bien loin devant elle se remit en route vers la petite gare, il ne lui restait que deux kilomètres à parcourir ...

 

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